Conférence-débat
MER 23 OCT 1996  /  TOULOUSE

Critique de l’économisme

Alain CAILLE

Alain Caillé a rédigé sa thèse d’étudiant en sociologie et en économie (sur l’idéologie de la planification) sous la direction de Raymond Aron, et à 23 ans, il est devenu l’assistant en sociologie de Claude Lefort à l’Université de Caen. Il est professeur émérite de sociologie à l’Université de Paris X, où il dirigeait la spécialité du Master Science Sociale et Sociologie : Société, Économie et Politique. Membre du directoire de l’école doctorale Économie, Organisations et Société,
Il était également co-directeur du SOPHIAPOL (ex-GEODE), Laboratoire de sociologie, philosophie et anthropologie politiques de cette université. Il a fondé le MAUSS (Mouvement Anti-utilitariste dans les sciences sociales) en 1981, et dirige la Revue du MAUSS, publiée aux Éditions La Découverte, depuis sa fondation.
Alain Caillé s’impose au cours des années 1980 et 1990 comme l’un des chefs de file d’une critique radicale de l’économie contemporaine et de l’utilitarisme dans les sciences sociales. Son manifeste Critique de la raison utilitaire constitue ainsi un tournant dans les sciences humaines et sociales : il appelle à la mise en place d’une alternative au paradigme utilitariste qui domine selon lui ces sciences depuis plusieurs siècles. La critique faite par Alain Caillé du paradigme utilitariste s’étend à tous les savoirs - de la psychologie freudienne (fondée sur le principe du plaisir), à la micro-économie, en passant par la philosophie, la sociologie, l’anthropologie, etc. Sa démarche critique se veut donc pluridisciplinaire. Elle doit aller au-delà des clivages idéologiques. On ne peut ainsi la confondre avec celle d’un économiste ou d’un sociologue d’obédience marxiste, puisqu’il rejette les présupposés utilitaristes de l’économie politique marxiste. Dans les faits, ses travaux mêlent des analyses sociologiques, historiques, anthropologiques, philosophiques et économiques. Mais loin de nier que l’intérêt soit un motif puissant de l’action, il critique surtout la position qui consiste à en faire une explication ultime de tous les phénomènes sociaux. D’ailleurs, le paradigme du don (inspiré de l’Essai sur le don de Marcel Mauss) qu’il propose avec d’autres, accorde toute sa place à l’échange intéressé. Il a également produit des études anthropologiques et sociologiques sur l’économie vue sous l’angle du don. Il a participé à la redécouverte de Marcel Mauss dont les analyses avaient parfois été délaissées au profit de celles d’Émile Durkheim.
Publications: elles sont très nombreuses. Retenons Critique de la raison utilitaire, La Découverte, 1989
et récemment: Du convivialisme, dialogues sur la société conviviale à venir, Alain Caillé, Marc Humbert, Serge Latouche et Patrick Viveret, Editions La Découverte, 2011
Pour un manifeste du convivialisme, Editions Le Bord de l’Eau, 2011
De l’idée même de richesse, Editions La Découverte, 2012
et bien entendu La Revue du MAUSS, fondée en 1981, éditée aux Editions La Découverte depuis 1988, avec une parution semestrielle depuis 1993
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